ECOSSE : Île de Skye

Texte Sébastien

En Ecosse, au nord de l’archipel des Hébrides intérieures, Skye est parfois surnommée l’« île des Brumes ». Certaines légendes l’associent aussi à la magicienne Scáthach Uanaind, experte dans l’art de l’amour et de la guerre, donc puissante et redoutable ! L’île compte environ 10 000 habitants, dont un quart parle encore le gaélique. Sa ville principale, Portree (« Port du Roi »), est connue pour son port pittoresque.

Skye est avec ses 1 736 km2 la deuxième plus grande île d’Écosse. C’est un assortiment somptueux de landes et montagnes déchiquetées, péninsules et falaises surplombant des lochs étincelants. L’ensemble offre certains des plus beaux panoramas de la nation celtique. La chaîne des Cuillin se divise en deux groupes de montagnes. Les Cuillin Noires, accessibles uniquement aux alpinistes et randonneurs expérimentés, occupent la partie centrale de l’île. Au sud, les Cuillin Rouges sont moins hautes et tapissées d’herbe sur la majeure partie de leurs pentes. La chaîne tirerait son nom de celui de Cúchulainn, l’un des plus importants héros de la mythologie irlandaise, initié par la fameuse Scáthach… La chaîne de Storr, d’origine volcanique, domine le nord. Des scènes d’ouverture du film Prometheus (2012) de Ridley Scott furent tournées sur le site de l’Old Man of Storr ; Skye servit aussi de décor à Stardust, Le Mystère de l’Etoile (2007), avec Robert de Niro et Michelle Pfeiffer. La lande de bruyère prédomine, le vent fréquent empêchant le développement de la végétation. Brûler la tourbe fut longtemps l’unique moyen de se chauffer !  On distingue au sein de la faune l’aigle royal, le cerf élaphe, le phoque, le dauphin, la loutre et le saumon. Il est possible d’observer les baleines. Les oiseaux sont nombreux et variés.

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Occupée dès la préhistoire, Skye fut successivement sous domination picte, celte, norvégienne et écossaise depuis 1266. Souffrant de la famine et de son isolement jusqu’au 18ème siècle, elle servit de refuge lors des rébellions jacobites. Le château de Dunvegan est le fief des MacLeods depuis le 13eme siècle. Ouvert aux visiteurs, il expose des objets du clan.

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Le château en ruines d’Armadale était autrefois le siège du clan Donald. Dans ses jardins, le Clan Donald Center est aujourd’hui un important musée consacré à la culture des Hébrides et à l’histoire écossaise. Le château en ruines de Duntulm, sur la péninsule de Trotternish, appartenait lui-aussi au clan Donald. Le festival Fèis an Eilean célèbre en juillet et août la musique et la culture gaéliques.

Skye est l’une des premières destinations touristiques d’Ecosse avec Edimbourg et le Loch Ness. La plupart des visiteurs se concentrant sur Portree, Dunvegan et Trotternish, il est toujours possible de randonner et faire du kayak de mer loin de la foule. La liste des principaux secteurs d’activité suggère ce qu’il faut consommer et acheter sur place. Si l’élevage de moutons est très majoritaire, on trouve également des vaches de races Highland et Angus, appréciées pour leur rusticité. Le déclin de la pêche est compensé par l’établissement de nombreuses fermes aquacoles dans les profonds lochs de mer entourant l’île. La distillerie Talisker, fondée en 1830, produit un whisky single malt de grande renommée. Enfin, Skye possède son propre tartan, dans des tons de vert et de pourpre. Un condensé d’Ecosse ! Quelques idées de voyage.

Ma croisière décisive sur la Léna

V.I. pour Nord Espaces

La République de Sakha – ou Yakoutie – est une région sibérienne où l’on peut encore admirer une nature intégralement sauvage. Le climat y est souvent rude, en hiver (-50°C) comme en été (+35°C).

Je suis Yakoute, née en Yakoutie. En 2015, dans le cadre de mon Master 2 « Tourisme et Environnement », j’ai réalisé un stage de cinq mois chez Nord Espaces, avec pour objectif principal la conception d’un voyage à destination de ma terre natale. J’ai proposé une croisière au départ et à l’arrivée de Yakoutsk, allant des Colonnes de la Léna à Tiksi, sur le plus grand fleuve sibérien : la Léna (4 400 km). Pas moins de 2 400 km séparent Yakoutsk, capitale de la République, de la petite ville de Tiksi sur la côte de l’océan glacial Arctique. C’est ainsi que j’ai vécu 14 journées extraordinaires en tant que guide-interprète francophone, à bord du navire très confortable. La première grande croisière de ma vie !

Le premier jour, après la visite de plusieurs musées à Yakoutsk, nous avons pris dans la soirée la direction du parc national des Colonnes de la Léna, à 200 km au sud. Ses falaises escarpées en forme de colonnes, tout à fait exceptionnelles, s’étendent sur 40 km le long du fleuve. Cap au nord ensuite, pour rejoindre un affluent de la Léna – la rivière Bouhotama – et visiter un élevage de bisons. Jigansk est la première localité au-delà du cercle polaire. Une promenade dans les environs de Kissiur a précédé un concert donné par des artistes locaux. A notre arrivée en baie Neelov, la météo favorable a permis notre transfert en bus pour visiter Tiksi, qui était à l’époque soviétique le premier port et l’une des plus belles villes de Yakoutie. Mais elle connait aujourd’hui des difficultés économiques, au point d’avoir perdu beaucoup d’habitants. Les petites localités de Siktiakh et Sottintsy nous ont aussi accueillis.

Cette expérience inoubliable m’a permis d’obtenir mon Master. Cet été encore, j’accompagne des groupes francophones sur la Léna, avec un plaisir toujours renouvelé !

Programme Croisière sur la Léna / Yakoutie

Sur les traces des Sami de Finlande

Texte Sébastien

Les Sami sont reconnus comme le seul peuple indigène – ou autochtone – de l’Union Européenne. Les Nations Unies désignent ainsi les peuples « descendants de ceux qui habitaient dans un pays ou une région géographique à l’époque où des groupes de population de cultures ou d’origines ethniques différentes y sont arrivés et sont devenus par la suite prédominants, par la conquête, l’occupation, la colonisation ou d’autres moyens ». Ces peuples doivent se définir eux-mêmes comme indigènes et préserver au moins certaines de leurs institutions sociales, économiques, culturelles et politiques, quels que soient les statuts légaux de celles-ci. On compte selon les définitions de 60 000 à 100 000 Sami, vivant majoritairement en Norvège, mais aussi en Suède, Finlande et sur la péninsule de Kola en Russie. Notamment en Laponie, région du nord de la Fennoscandie.

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En Finlande, on trouve les premières traces de présence humaine au sud-est du pays. Elles datent d’environ 10 500 ans, soit la fin de la dernière période glaciaire. Avec la fonte des glaciers s’amorçant sur les côtes et gagnant progressivement l’intérieur des terres, le soleil réchauffa le sol et permit la pousse de végétaux. Cela attira d’abord les animaux, puis des populations en provenance des territoires actuels de Norvège et Russie, le génome des Sami suggérant une lointaine parenté avec l’ethnie turque des Iakoutes vivant en Sibérie orientale. Ces peuples nomades s’abritaient du climat arctique sous des tentes ou des abris creusés dans le sol, recouverts de mottes de tourbe, de peaux ou de lamelles d’écorce de bouleau. Les Sami vivaient de ce que la nature leur offrait, vendant jusqu’en Europe central les produits de leurs chasses, de leurs pêches et de l’élevage des rennes semi-sauvages, à la viande riche en minéraux et très maigre. Ils s’alimentaient aussi d’oiseaux et de baies. Les familles et clans étaient organisés en « siidas » (villages traditionnels) dont le réseau couvrait tout le nord de la Fennoscandie. Au 17e siècle, les royaumes de Suède et du Danemark entreprirent de coloniser les terres les plus septentrionales du continent. Peu à peu, des frontières furent tracées, de nouvelles populations s’installèrent, les terres furent redistribuées. L’évangélisation forcée prit souvent un tour dramatique, au point que le chamanisme traditionnel reste en partie tabou aujourd’hui. A partir du 19e siècle, les Etats nordiques menèrent des politiques d’assimilation des Sami. En Finlande, relevant désormais des lois nationales, ils intégrèrent l’économie et le système scolaire mis en place par le pouvoir central. Beaucoup y perdirent leur culture.

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Si l’on peut dater de la toute fin du 19e siècle le réveil identitaire des Sami, ce n’est qu’au cours de la seconde moitié du 20e siècle qu’ils obtinrent le statut de nation à part entière. En Finlande, la reconnaissance vint dans les années 1970, liée à la question de la protection des zones pastorales menacées notamment par l’exploitation agricole et minière. Depuis 1995, la Constitution finlandaise reconnait aux Sami le droit de préserver et développer l’usage de leur langue – notamment au niveau administratif – ainsi que leur culture et mode de vie traditionnel. Le Territoire Sami comprend officiellement les municipalités d’Enontekiö, Inari et Utsjoki, ainsi que le district d’élevage de rennes de la municipalité de Sodankylä. Depuis 1996, un Parlement Sami – dont les 21 membres sont renouvelés tous les 4 ans – gère sur ce Territoire les questions de langues et de culture. Certains villages ont une compétence administrative spécifique.

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En Finlande, un Sami est officiellement celui qui se considère comme tel et dont la langue maternelle est le same, ou dont l’un au moins des parents ou grands-parents est de langue maternelle same. On compte selon cette définition environ 10 000 Sami en Finlande, dont plus de 60 % vivent désormais en dehors du Territoire, ce qui pose de nombreux défis culturels. Aujourd’hui, 76 % des Sami ont en effet une autre langue maternelle que le same. Cette identité est désormais convoitée, même si le racisme sous-jacent n’a pas entièrement disparu, la plupart des citadins ne connaissant pas vraiment le Grand Nord.

Les modes de vie traditionnels reposent toujours sur l’élevage de rennes, la pêche, la chasse, l’agriculture à petite échelle et l’artisanat. Il est courant aujourd’hui de leur associer le tourisme ou une autre activité de service. De nombreux Sami travaillent loin de la nature et les activités traditionnelles ont un poids économique modeste, mais elles conservent une grande importance culturelle.

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Les huit saisons du calendrier sami correspondent en partie aux phases de l’élevage du renne : mise-bas, marquage, comptage, castration et abattage. La plus belle est la très courte « ruska », l’été indien de Laponie ! Les rennes se nourrissant de champignons, de lichens et d’herbes, identifier les bons pâturages sous la neige demande aux éleveurs un savoir interdisciplinaire en chimie, physique, botanique et météo. Leurs besoins en grands espaces contrarient toujours les intérêts agricoles et miniers, la préservation de la pêche traditionnelle se faisant parfois au détriment de la pêche récréative, donc du tourisme. Et le réchauffement climatique, très marqué dans le Grand Nord, est propice à l’émergence d’une conscience écologique renouvelée chez certains éleveurs. Les motos, quads, scooters des neiges, camions et hélicoptères étant néfastes pour l’environnement, ils utilisent aujourd’hui des drones pour surveiller les troupeaux dans les zones reculées.

Le same est une langue finno-ougrienne très riche. Il existe par exemple plus d’une centaine de termes pour désigner la neige. Mais si les termes descriptifs abondent, il n’y a pas de genre : le pronom personnel « son » s’utilise indifféremment pour un homme ou une femme, désignant aussi bien un animal qu’un objet. Avec environ 35 000 locuteurs, le same ne compte pas moins de neuf aires linguistiques – « langues » ou « dialectes » soumis à l’influence des langues nationales – dont trois en Finlande, où il est langue officielle. La municipalité d’Inari – 6 800 habitants – a ainsi quatre « langues » officielles : le finnois, le same d’Inari, le same Skolt et le same du Nord ! La loi stipule que les enfants vivant en Territoire Sami ont droit à une éducation primaire en same ; trois universités l’enseignent également.

Le costume sami est le symbole national le plus éminent. Cet ancien vêtement de travail est inspiré des habits portés au Moyen-Âge par la noblesse et les marchands d’Europe centrale.

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Il a pour accessoires usuels une ceinture, des chaussures lacées, un châle ou un plastron, un faux col et un bonnet. Le vêtement et ses accessoires indiquent la région d’origine, le clan et le statut matrimonial du porteur. On trouve en Finlande cinq grandes variantes du costume sami, portées aujourd’hui pour les grandes occasions et volontiers par les jeunes. Si en Norvège et en Suède ce costume n’est porté que par les Sami, il est parfois détourné en Finlande à des fins commerciales, notamment touristiques, ce qui n’est bien sûr pas du goût de tout le monde… Le port de bijoux en argent a la même origine que le costume ; il chasserait les mauvais esprits. L’artisanat traditionnel (duodji) subordonne toujours l’esthétisme à la fonctionnalité, mais avec une ornementation raffinée. Il inclut les habits, outils, équipements de chasse et parures. Ses formes souvent douces, ses motifs et couleurs s’inspirent d’anciens objets du quotidien ; ses matériaux traditionnels sont la corne, l’os, le bois, l’étain, le cuir et le tissu. Les chaussures et les gants sami sont en peau de renne. Le label « Sámi Duodji » garantit l’authenticité de cet artisanat, qui depuis plusieurs décennies s’oriente aussi vers la production d’authentiques objets d’art. Jusqu’à la christianisation forcée, la cosmogonie dessinée sur la peau de renne du tambour des chamans faisait écho aux motifs peints sur la roche il y a plusieurs millénaires. L’art sami est aujourd’hui ouvert à toutes les influences contemporaines, la jeune génération se montrant particulièrement militante.

Le joik – ou luohti – est le chant traditionnel des Sami du Nord. Issu des traditions chamaniques, il fut longtemps interdit par les autorités car considéré comme une pratique païenne et barbare. Le joik se caractérise par son utilisation originale des tons, ses paroles méconnaissables, sa richesse rythmique et son improvisation. Il était à l’origine chanté a capella, parfois accompagné du tambour traditionnel. Il existe deux formes principales de joik : personnel et non-personnel. Le premier est censé refléter l’essence d’une personne par la mélodie et la gestuelle, les paroles étant de moindre importance. Des joiks sont aussi composés pour des animaux, des lieux et même aujourd’hui pour des objets comme les quads et motoneiges… Si les deux autres chants traditionnels sont menacés de disparition, on chante aujourd’hui en sami sur toutes les musiques contemporaines. Le Festival de Musique des Peuples Indigènes, Ijahis Idja, a lieu à Inari en août.

Au fil de l’eau, de TromsØ à Svolvær …

MS_Finnmarken-Hurtigruten Nord Espaces voyagesTexte & Photos : Jean Marie PUJO

Hurtigruten, pour vous, veut certainement dire croisière à bord de l’Express Côtier , mais il n’en a pas toujours été ainsi. Ces « routes rapides » – sens littéral du mot – ont été créées en Norvège pour remplacer les liaisons terrestres et le chemin de fer, impossibles à mettre en place à l’époque, et fournir un moyen régulier de transport des marchandises et des voyageurs entre le nord et le sud du pays. Ce service qui était largement subventionné par le gouvernement, a perduré jusqu’à ce que la construction de routes et de ponts vienne lui enlever, il y a à peine quelques décennies, cette fonction essentielle. Il est toutefois, toujours possible de monter à bord de ses navires en tant que simple « voyageur » et pour des liaisons point à point.

Je l’ai fait pour aller de Tromsø, jusqu’à Svolvær, la capitale des Lofoten, et c’est ainsi qu’à la fin du mois de juin et dans un contexte de fraicheur et de pluie battante, histoire de ne pas oublier que le grand nord peut aussi avoir des aspects rigoureux en été, je me suis trouvé attendre l’arrivée du bateau, comme on le fait pour le train à la gare, bien au chaud dans un café du port. Elle était prévue à 23h45.

Un mot sur Tromsø pour vous faire patienter avec moi. Située à près de 400 km au nord du cercle arctique, c’est une ville moderne et active qui se pare du titre de « Paris du Nord ». Avec environ 70 000 habitants, c’est le plus grand centre urbain de la Norvège septentrionale. On peut y visiter un intéressant petit musée polaire et l’église paroissiale surnommée « cathédrale des neiges ».

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Son architecture particulière et sa présence remarquable dans le paysage la font parfois surnommer « opéra de Norvège », par référence au célèbre opéra de Sydney. On y trouve aussi le centre de découverte Polaria, avec un aquarium arctique. Mais à mes yeux, Tromsø est surtout un endroit parfait pour découvrir et admirer, entre octobre et mars, des aurores boréales.

Une exactitude proverbiale

A l’heure dite, le Finnmarken va se présenter pour l’accostage. Rien d’étonnant à cela car la ponctualité de la ligne est proverbiale. C’est le moment de quitter mon abri et de gagner le quai. Devant la coupée, attendent quelques autres passagers. Notre embarquement et les formalités au comptoir d’accueil seront rapides et je serai bientôt confortablement installé dans ma couchette pour profiter au mieux du reste de ma nuit.

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Le navire va quitter Tromsø à 01h30 et les étapes suivantes de sa route seront Finnsnes, Harstad, Risoyhamn, Sortland et Stokmarknes. L’arrivée à Svolvær est prévue à 18h30 demain soir.

Je ne me réveillerai pas pour jeter un regard sur Finnsnes, « touchée », comme on dit chez les marins, entre 04h15 et 04h45 du matin. Située sur le continent, face à l’île de Senja à laquelle la relie un pont de 1 147 m, c’est un centre agricole à l’ambiance dit-on très pastorale.

Il n’en sera pas de même avec Harstad à laquelle me lient de vieux souvenirs. J’y avais fait escale en 1958 avec une frégate de la marine qui assurait l’assistance de nos chalutiers de grande pêche en mer de Barents. Nous étions en pleine « guerre froide » et l’accueil des autorités navales norvégiennes y avait été particulièrement sourcilleux. Cette fois, c’est la paix et la pluie ayant cessé, je pourrai me promener tranquillement sur le front de port. Il s’agrémente d’une cabine téléphonique rouge à l’anglaise, d’une belle statue de cormoran et, allez-savoir pourquoi ? d’une mine navale de la seconde guerre mondiale, bien sûr inertée. Les 45 minutes d’escale passeront bien vite, mais la perspective du copieux petit déjeuner qui m’attend sur le bateau, m’aidera à ne pas trop le regretter.

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Chenalage délicat

L’étape suivante est l’une des plus intéressantes du voyage, au moins pour ceux qui s’intéressent à la navigation. Elle comporte le passage du canal de Risøy (Risøyrenna), qui s’étend sur 4,8 kilomètres le long du Risøysund. Sa largeur est de seulement 100 mètres et il n’est profond que de 7. C’est, pour des navires importants comme ceux d’Hurtigruten, l’un des transits délicats de la route intérieure. Ouvert depuis le 26 juin 1922, il permet d’éviter d’emprunter le dangereux Tjeldsundet où les courants sont très violents. Il a aussi mis fin, hélas pour eux, à la possibilité qu’avaient les habitants de Risoyhamn qui se trouve sur une île, de se rendre sur l’île voisine de Hinnoya à cheval, en empruntant un gué praticable à marée basse.

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Le Finnmarken va se glisser, à petite allure et précautionneusement, entre les nombreuses balises qui jalonnent le parcours. J’y reverrai avec joie ce que j’ai appelé ma « balise du Nord » : une modeste tourelle de pierres surmontée d’une sorte de petit drapeau, dont j’avais le souvenir et qui semble inspirer beaucoup de photographes et de peintres. Il est vrai qu’elle est singulière, posée à côté d’un petit arbre qui s’accroche avec elle à un banc de roches douteux.

A la sortie du canal, le bateau va faire dans la même foulée un beau demi-tour (1) pour accoster à Risoyhamn, désormais relié à Hinnoya par un pont. Le guide indique que de nombreuses colonies d’oiseaux marins, dont 160 000 macareux moines, ont élu domicile dans les environs. Il mentionne aussi la mine de charbon de Ramså (non exploitée car non rentable) où l’on trouve des squelettes complets d’ichtyosaures, gigantesques dinosaures en forme de poisson qui vivaient là il y a 150 millions d’années.

Je n’ai pas gardé souvenir de l’escale suivante, Sorland, sans doute parce qu‘elle a eu lieu pendant le déjeuner : c’était entre 12h30 et 13h00 ! Je vous dirai qu’on la surnomme « la ville bleue », parce qu’en 2000 ses habitants avaient décidé d’en peindre tous les bâtiments de cette couleur, pour fêter le nouveau millénaire et qu’ils ont continué depuis. Vous pouvez me croire : je ne l’ai pas vue !

Dans le berceau de la ligne

Stokmarknes qui lui succède ne peut, par contre, être négligée : c’est là que la Vesteraalens Dampskipselskap devenue Hurtigruten, avait établi son premier siège social en 1891 et il y est resté jusqu’en 1988. On peut y visiter à la course (1 heure d’escale), le musée de la compagnie, qui décrit son évolution et celle de ses navires pendant quelque 120 ans, et monter à bord d’un de ses anciens bateaux, un Finnmarken ancêtre du nôtre, qui est conservé au sec.

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Et voici maintenant que monte à l’horizon une barrière de montagnes. Ce sont celles des îles Lofoten et Vesteralen entre lesquelles se faufile le Raftsundet. Il s’agit du passage le plus spectaculaire (scenic diraient les Anglais) non seulement du voyage, mais aussi de toute la croisière Hurtigruten. L’avoir franchi à 23 ans comme chef de quart, est un souvenir marquant de ma vie de marin. Venant du nord, cela commence par un virage assez serré sur la droite, autour d’une petite île où gite un petit phare, puis il y a (maintenant) un pont sous lequel on va passer. Après, cela ressemble un peu à une large rivière, mais ne nous y fions pas, les courants y sont violents et quand la visibilité est mauvaise le transit demeure de haute école. Sur la passerelle du Finnmarken, le capitaine est certainement aux aguets. Tout au long du parcours, la montagne défile majestueusement le long du bord.

Nous stopperons un instant pour faciliter l’accostage d’une grosse vedette et y transférer des passagers qui participent à une excursion de découverte des aigles. Pour les autres et parce qu’il n’y a pas de vent, un numéro de « cirque », qui n’enchantera guère ma sensibilité de marin, se prépare.

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Un « numéro » inattendu

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Le Finnmarken va maintenant se glisser dans l’entrée très étroite du Trollfjord, aller jusqu’au fond de ce cul de sac qui s’évase, puis profitant de la « manœuvrabilité » que lui confèrent ses propulseurs d’étrave et l’action combinée de ses hélices et de son grand gouvernail, faire un tour sur lui-même au ras des falaises, avant de ressortir. La chose est parfaitement inutile pour la navigation mais, restons aimable, bravo l’artiste… ou le chien savant ?

La fin du transit renouera heureusement avec l’authenticité maritime et nous sortirons bientôt de la « vallée » pour retrouver l’océan. Environ une heure plus tard, Svolvær sera en vue et il ne faudra plus longtemps avant que nous salue la « femme du pêcheur », célèbre statue érigée à l’entrée des passes.

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Il est 18h30 et, comme il se devait, nous arrivons « pile à l’heure ! ». Il fait un beau soleil et on peut voir sur notre droite des séchoirs à morue, apparemment garnis seulement de têtes, droit devant, une montagne où se détache la Svolværgeita (la chèvre de Svolvær), monolithe de basalte très prisé des alpinistes (ils viennent de partout en été pour sauter entre les deux « cornes » de son sommet) et, sur la gauche, les bâtiments de la ville. C’est une cité animée et touristique, avec de nombreuses boutiques, des galeries d’art, des cafés et des restaurants où l’on peut goûter au steak de baleine ou à celui de renne et, évidemment, se régaler de poisson : il ne faut pas oublier qu’ici, c’est la Mecque de la morue (pardon, du cabillaud, comme on dit aujourd’hui) chaque hiver ! Pittoresque, l’habitat traditionnel des cabanes de pêcheurs peintes en marron y est toujours présent…mais ne nous leurrons pas, ces « rorbu » ont été réhabilités et beaucoup ne sont utilisés aujourd’hui que pour héberger les touristes.

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Sur le port et dans 2 heures, le Finnmarken va reprendre son chemin vers le sud…

  • Les navires de l’express côtier ne sont dotés de « portes » pour les passagers, les marchandises et les voitures, que sur le côté gauche (bâbord) de leur coque. C’est donc toujours celui-ci qui doit se trouver à quai et cela impose souvent de « retourner » le bateau avant son accostage.

HURTIGRUTEN comme si vous y étiez !

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Le Baïkal est vraiment magique…

Caroline & Hervé ( au retour du voyage Magie de glace )

Le voyage a été à la hauteur de nos espérances,  le baikal est vraiment magique.

Félicitations pour l’organisation sans faille, la compétence et la disponibilité des chauffeurs et guides. Maria a été très prévenante et nous a fait partager son amour de la région. Nous qui appréhendions quelque peu le voyage en groupe avons eu le plaisir de rencontrer des gens passionnés comme nous de découvertes et de voyages avec qui nous avons pu partager pendant tout le séjour. Nous n’hésiterons pas à vous recontacter pour un autre voyage.

Merci pour cette expérience et les beaux souvenirs que nous en garderons.

Nos 5 soirées « aurores boréales »

Danielle et Claude Farinotti ( au retour du voyage )

Merci à Nord Espaces pour la parfaite organisation de nos 5 soirées « aurores boréales » à Tromso du 23 au 28 février 2017. Par 3 soirs nous avons pu observer ces merveilles et plus encore lors de la croisière en pleine mer. La sortie en matinée en traineau avec les chiens huskies était également très réussie. Au plaisir  de faire appel à vous pour un prochain voyage.

 

Notre découverte de la Sibérie et du lac Baïkal

Christine et Daniel ( au retour du voyage Vertige de Sibérie )

Nous sommes rentrés enchantés de notre voyage en Sibérie. Nous nous attendions à des températures plus froides que celles auxquelles nous avons été confrontés. Le programme du voyage était bien équilibré : visites des ville/village d’Irkoutsk et de Listvianka, excursions dans un certain isolement le long du lac Baïkal, au nord de Listvianka ou lors de la traversée en motoneige vers  Vydrino. La brume qui recouvrait le lac donnait une impression irréelle de nulle part. Les quelques heures passées dans le transsibérien nous ont permis de nous faire une idée du train, du wagon restaurant aux voitures de troisième classe. L’histoire était aussi au rendez-vous avec la tragique et romanesque épopée des décembristes.

Tout cela a été mis en relief par l’accueil et la grande gentillesse de nos hôtes : Galina, à Irkoutsk, qui nous a fait découvrir une partie de la cuisine sibérienne et le jovial Nikolay, à Listvianka, aux divers talents dont celui de maitre d’œuvre de la bania, ainsi que les différents chauffeurs ou guide des glaces qui nous ont conduits sur les routes et sur le lac. 

Enfin, que dire de notre charmante guide Alyona ! Dans un français d’une perfection que beaucoup de nos concitoyens pourraient lui envier et avec un très grand professionnalisme (connaissances multi-domaines), elle a grandement contribué à la réussite et à la bonne ambiance du voyage. Elle est une merveilleuse ambassadrice de sa région et, pour nous, c’est une fierté de voir notre langue ainsi représentée dans ces contrées.

Nous avons juste eu une petite frayeur lors du trajet aller. Le délai pour la correspondance à Moscou entre les 2 vols était de 2 heures mais a été amputé de plus de trente minutes en raison de conditions climatiques un peu difficiles pour l’atterrissage du vol de Paris. Nous avons dû solliciter au pied levé la bienveillance des personnes dans la file d’attente au contrôle des passeports pour pouvoir récupérer nos bagages et les enregistrer sur le vol d’Irkoutsk avant que celui-ci ne parte.  

Nous ne savons jamais de quoi peut être fait l’avenir, mais cette première découverte de la Sibérie éveille forcément des envies : voyager dans le transsibérien, voir le lac Baïkal dans son état liquide, sonder enfin, autant que possible, cette âme russe (doucha)…