[Invitation au voyage] – …… en ANTARCTIQUE !

Maya, notre chargée de production,  grande passionnée du Grand Nord,  est partie pour Nord Espaces à la découverte du pôle sud…un de ses rêves d’enfant devenu réalité ! Elle est partie à bord du MS Nordkapp au départ de Puerto Montt au Chili jusqu’à Ushuaïa, en Terre de Feu Argentine en passant par le continent Antarctique.

L’Antarctique est le septième continent du monde. Une vaste contrée de 14 millions de km2 (grande comme les Etats-Unis et l’Europe réunis), recouverte à 95% de glace et qui abrite les deux tiers des réserves d’eau douce de la planète. C’est aussi le continent le plus élevé avec une altitude moyenne de 2300 m et le plus froid avec des températures n’affichant pas plus de 2°C pendant l’été et pouvant atteindre -80°C en plein hiver.

Après 1820, date où elle fut aperçue pour la première fois, l’Antarctique a attiré un grand nombre de chasseurs de phoques et baleiniers. Très vite, comme toute terre nouvellement découverte, l’Antarctique est convoitée par des nations qui toutes pensent avoir un droit de souveraineté sur elle : l’Argentine, l’Australie, le Chili, la France, le Royaume-Uni, la Nouvelle Zélande et la Norvège.

Mais en 1961, le Traité de l’Antarctique met un terme à toutes ces revendications. Le continent est déclaré « Zone internationale » et la coopération scientifique prend le pas sur les intérêts territoriaux. Aujourd’hui, c’est un gigantesque laboratoire, indispensable à l’étude des phénomènes naturels et à la bonne santé de notre planète (des chercheurs s’efforcent de connaître l’histoire de notre planète et surveillent la qualité de l’air pour prévenir des signes de pollution).

vue_bateau

Devant la nécessité de protéger cette terre, les pays membres du Traité signent en 1991 le protocole de Madrid désignant l’Antarctique comme « une réserve naturelle, dévouée à la paix et à la science », réglementant les conditions des activités qui s’y déroulent, soulignant la nécessité de surveiller l’impact environnemental de ces activités et prohibant « tout exercice, autre que scientifique, en relation avec les ressources minérales ».

Même si son tourisme reste encore très exclusif et limité, l’Antarctique, dernier bastion sauvage de la planète, accueille environ 25.000 visiteurs chaque année, et ce chiffre est en constante augmentation depuis une dizaine d’années. De nombreuses questions sur la régulation du tourisme sont actuellement débattues par les différents pays du « Traité de l’Antarctique »; et le prix du voyage pourrait être l’un des moyens pour réguler ce tourisme.

Pour beaucoup d’entre nous, l’Antarctique fait partie de ces destinations mythiques surtout lorsque l’on évoque les noms de Roald Admunsen, Robert Falcon Scott, Sir Ernest Henry Shackelton, James Cook, Sir James Clark Ross, Jules Sébastien César Dumont d’Urville…
Pour ma part, elle faisait partie de mes rêves de « gosse » et j’ai eu beaucoup de mal à réaliser que mon rêve allait devenir réalité lorsque l’on me proposa d’embarquer à bord de l’un des navires de la ligne de l’Express Côtier norvégien (Hurtigruten), le M/S Nordkapp, pour une magnifique croisière de 14 jours au départ du sud chilien, le 15 février dernier…

Au total, 17 jours de voyage au cours desquels j’ai découvert tour à tour Santiago, capitale du Chili, Puerto Montt, point de départ de notre croisière le long des fjords chiliens et des îles de Patagonie, l’île de Chiloe, classée « Patrimoine de l’Humanité » par l’Unesco pour ses églises en bois, Puerto Chacabuco, porte d’entrée de la Patagonie et enfin Puerto Eden, petit village de 174 habitants dont 10 sont de purs indiens Kaweskar. Entrée dans le détroit de Magellan avec la ville de Punta Arenas réputée pour sa production de laine. Continuation par le canal de Beagle et la très célèbre terre du Cap Horn que j’ai eu la grande chance de fouler pendant cette croisière. Un moment particulièrement fort de ce périple lorsque l’on connait l’historique de la découverte de cette île par Jakob Lemaire et Willem Schouten en 1616. Puis le passage le plus redouté de tous le fameux passage de Drake (reliant les océans atlantique et pacifique), connu pour ses pires conditions météorologiques maritimes du monde et que nous avons passé avec une déconcertante douceur !!!

pingouin

Enfin, les premières côtes de la péninsule Antarctique se sont révélées timidement à nous, les filets nuageux cachant presque jalousement une partie des immenses morceaux de glace, décrochés des parois congelées qui émergent parfois à plus de 50 m de hauteur au dessus du niveau de la mer.
C’était fait ! Mon rêve de petite fille était en train de se réaliser et je n’ai pas pu m’empêcher de penser avec émotion à tous ces fantastiques récits de voyages que les premiers grands explorateurs comme Admunsen, Charcot, Shakelton et Scott nous ont fait partager au cours de ces derniers siècles …

De sublimes paysages de glaciers multicolores, d’icebergs bleutés et de montagnes torturées ont accompagné le bateau dans sa navigation en Antarctique.

Malgré une flore terrestre plutôt pauvre (principalement constituée de lichens, mousses et champignons), la péninsule Antarctique offre un étonnant florilège de faune marine : des baleines bleues, des millions de pingouins de 7 espèces différentes, 6 espèces de phoques mais aussi une trentaine d’espèces d’oiseaux migrateurs (albatros, cormorans, fulmars, manchots, pétrels)

Un spectacle fascinant pour les yeux, une très belle croisière que je recommande à tous ceux qui souhaitent découvrir et vivre l’Antarctique à bord d’un navire de construction récente, respectant à la lettre les normes de sécurité et bénéficiant de tout le confort moderne et d’aménagements agréables.

PROGRAMME AU JOUR LE JOUR…

15 Février : Vol Paris CDG-Santiago. Env. 15 h de vol avec un arrêt à Buenos Aires (nuit et dîner en vol). Arrivée à l’aéroport International de Santiago. Accueil et transfert à l’hôtel. Temps libre pour découvrir Santiago (excursions optionnelles proposées).
Je recommanderais personnellement d’arriver une journée avant afin de profiter pleinement de la capitale chilienne.

16 Février : Après le petit déjeuner, transfert pour l’aéroport et envol à destination de Puerto Montt. Excursion optionnelle ou temps libre pour visiter la ville individuellement. En fin de journée, embarquement à bord du MS Nordkapp. Réunion d’informations.

17 Février : Le matin, arrivée à Castro sur l’Ile de Chiloé, également appelée « Terre des mouettes ». Il fait bon flâner dans ce village de pêcheurs où les maisons de bois dites Palafitos sont perchées sur pilotis au bord de l’eau pour éviter les inondations. Possibilité de visite individuelle ou d’excursion optionnelle. Départ de Castro en début d’après-midi. Poursuite de la navigation au milieu des archipels formés par les Iles Guitecas et jusqu’au Golfe de Corcovado.

18 Février : Le matin, arrivée dans le fjord de Puerto Chacabuco. Départ en autocar pour une découverte des environs. En début d’après midi, départ de Puerto Chacabuco à destination du Golfo de Penas.

19 Février : Après avoir profité de la navigation à travers des paysages fabuleux (peuplés d’un faune abondante), nous avons débarqué dans le village de pêcheurs de Puerto Eden, l’un des rares endroits de la région habité principalement par des indiens. Dans la soirée, le MS Nordkapp a poursuivit sa navigation à destination des fjords chiliens.

antarctique

20 Février : Détroits fantastiques, fjords et montagnes ont accompagné la navigation de cette journée. Découverte du détroit d’Amalia et approche de l’impressionnant Glacier Skua. Le passage du détroit de Magellan, entre la Patagonie méridionale et l’archipel de la Terre de Feu, nous a permis un fabuleux coup d’œil sur une contrée encore vierge. Durant des années, passer par le détroit fut une alternative plus sûre au Cap Horn, il fut primordial pour la navigation et le commerce entre l’Europe et la côte ouest de l’Amérique jusqu’à ce que le détroit de Panama soit ouvert en 1914.

21 Février : Arrivée le matin à Punta Arenas, la ville la plus importante du détroit. Visite libre ou excursion optionnelle. Dans la soirée, navigation dans le Détroit de Magellan.

22 Février : Belle navigation dans le célèbre Canal de Beagle. Arrivée en milieu d’après-midi au Cap Horn. Nous avons pu explorer ce lieu mythique du bout du monde. Un grand moment car le débarquement était loin d’être garanti ! Dans la soirée, départ du Cap Horn à destination du Passage de Drake.

cap_horn

23 et 24 Février : Navigation vers le passage du Drake qui relie les océans Atlantique et Pacifique.
La mer a été étonnement calme pendant ces 36 heures ! Nous l’avons même baptisé le » passage du Lake » et non du « Drake » !

25 février au 01 mars : Découverte de cet immense continent. La navigation s’est déroulée en fonction des conditions climatiques, de la glace et également des conditions locales. L’approche progressive en territoire antarctique a été extraordinaire car le temps était nuageux et bas et créait une ambiance presque irréelle autour des immenses montagnes couronnées de glaciers multicolores que nous apercevions par épisodes, selon le mouvement des nuages. C’était grandiose !

Premier débarquement : DECEPTION ISLAND (Whaler’s Bay) : Un des plus beaux débarquements pour ma part ! Une ambiance étrange avec ses montagnes aux teintes extrêmes : noir, blanc, rouge, vert, marron, les vapeurs qui s’échappaient de la plage de sable noir (ressemblant par endroits aux caldeiras islandaises) et les ruines de plusieurs bâtiments et navires relatant de l’ancienne activité baleinière. Certains ont même pu goûter au bain d’une source d’eau chaude naturelle. Un spectacle unique et amusant avec quelques belles photos à l’appui, je pense ! Ah, j’oubliais ! Avant de revenir au bateau, une baleine est venue nous saluer de sa queue majestueuse ! Vraiment splendide !

YANKEE HARBOUR : Ancien port naturel utilisé dans le passé par des chasseurs de phoques américains. Aujourd’hui le site est principalement habité par des milliers de manchots « Gentoo ». Notre premier contact pris avec la faune antarctique (à part les baleines !). Un spectacle saisissant et parfois drôle dû à la démarche pataude de ces oiseaux. Nous étions si proches d’eux et pourtant aucun sentiment de peur de leur part. Plutôt de la curiosité pour certains qui venaient picorer nos blousons ou nos caméras. Quelques phoques tranquillement installés sur la terre ferme, nous observaient du coin de l’œil. Et il n’était pas très prudent de les approcher à plus de 15 m !

PORT LOCKROY : Station de recherche britannique située sur l’île de Wiencke, autrefois utilisée par les baleiniers. On peut encore aujourd’hui découvrir les restes de différents squelettes de baleines et surtout visiter le petit musée très bien conservé. On peut aussi y observer des nombreuses colonies de manchots, certains d’ailleurs nous ont accompagnés presque comme des « guides locaux» dans notre découverte de l’île !

LEMAIRE CHANNEL : Une des plus belles navigations de la péninsule Antarctique (ref. photos) avec l’étroit passage séparant Booth Island de la péninsule Antarctique, entre des falaises de glace scintillant de toute une gamme de bleus… Parfois, de fins filets nuageux tombaient sur les montagnes noires, laissant apparaître en premier plan, quelques petits icebergs et langues glaciaires. Majestueux !

VERNADSKY STATION (ukrainienne) : Ancienne base britannique de Faraday, Vernadsky Station poursuit actuellement sa surveillance du climat en Antarctique, entamée en 1947. Une visite intéressante de la base qui s’est terminée par la dégustation d’une vodka « on the rocks » !

PARADISE HARBOUR (Almirante Brown) : Avec ses majestueux icebergs et ses sublimes montagnes environnantes, les baleiniers opérant dans cette partie de la péninsule au début du 20ème siècle ont reconnu la beauté du lieu et l’on surnommé « Paradise Bay » . Pas de commentaire à ajouter. C’était tout simplement grandiose d’autant que le ciel bleu et le soleil s’étaient invités dès notre arrivée dans la baie !

CUVERVILLE ISLAND : Découverte en 1898 par le lieutenant belge Adrien de Garlache et nommée « Cuverville Island » en l’honneur de l’ancien amiral français Albert Cuverville. Importante colonie de manchots « gentoo » que nous avons pris le temps d’observer pendant plus d’une heure. Toujours aussi fascinant de pouvoir observer la vie de ces animaux dans de telles conditions de proximité et de respect mutuel…

HALF MOON ISLAND : Située près de la base argentine de Camara, « l’île de demi-lune » longue de 2 km accueille une grande colonie de manchots à jugulaire. Nous avons découvert plusieurs épaves de baleiniers, jalousement gardés par plusieurs phoques qui étaient en train de jouer. Une belle descente à terre surtout que les teintes de l’île principalement blanches et noires donnaient un aspect vraiment lunaire à l’endroit.

ARCTOWSKI STATION : Débarquement sur la base « Henry Arctowski » de l’académie polonaise des sciences Antarctiques. Ouverte en 1977, elle compte environ 11 chercheurs qui sont à l’étude de plusieurs espèces d’oiseaux et de mammifères marins de la région. Accueil très chaleureux !

ELEPHANT ISLAND : Sa colonie d’éléphants de mer lui a donné son nom. C’est ici que l’équipage de « l’Endurance » de Shackelton trouva refuge après que le navire eut été broyé par les glaces. Durant 4 mois, ils survécurent sous deux cannots de sauvetage retournés, tandis que leur chef et 5 membres de l’expédition entreprenaient leur course épique vers la Géorgie du sud pour organiser leur sauvetage. Les sommets de l’île sont de toute beauté même si une averse de neige est venue d’un coup assombrir le paysage environnant, nous empêchant d’effectuer notre dernière sortie en zodiacs !

02 Mars : Nous avons quitté non sans un grand regret, la péninsule Antarctique pour mettre le cap vers l’Amérique du Sud. La distance entre l’Antarctique et le Cap Horn est de 430 Miles Nautiques (soit env. 800km) – pour une durée de navigation d’environ 35 heures. Contrairement à l’aller, la mer était un peu plus agitée et nous a offert quelques belles vagues de 5/6 m ! Quelques passagers s’en souviennent encore !

baleine_antarctique

03 Mars : Arrivée matinale à Ushuaia. Visite du Parc National d’Ushuaia (en option). J’aurais aimé personnellement passer plus de temps dans cette ville argentine du bout du monde, d’autant qu’il faisait un temps splendide…
Transfert à destination de l’aéroport. Envol à destination de Buenos Aires (durée de vol environ 4h30). Arrivée à l’aéroport de Buenos Aires « le Paris de l’Amérique du Sud » et transfert à l’hôtel. Le soirée, dîner-spectacle Tango dans le célèbre théatre de Carlos Gardel (une sortie optionnelle que je recommande à tous les amoureux de Tango et de l’Argentine !).

04 Mars : Transfert à l’aéroport de Buenos Aires et vol pour Paris (dîner et nuit en vol).

05 Mars : Arrivée à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Fin du voyage.

Récit & photos © Nord Espaces

[Programme à bord du Diamant]

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[Programme « Au delà des 40ème rugissants]

[Programme « Dans les pas de l’empereur manchot]

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