[Invitation au voyage] – Interview avec le commandant d’un navire de l’express côtier

 

Knut StorØ, commandant confirmé d’un des bateaux de la célèbre ligne côtière norvégienne, Hurtigruten, est aux commandes du M/S Richard With depuis un an.

Un de nos clients et ami  s’est vu accorder le privilège d’une interview exclusive. Dans cette invitation au voyage, vous retrouverez à la fois, le carnet de voyage de M. Pujo et l’interview du commandant. Bonne lecture …


Depuis combien de temps naviguez vous sur l’express côtier et depuis quand commandez-vous le Richard With ?

J’ai rejoint l’express côtier il y a 12 ans et il y a tout juste 1 an que je commande ce navire.

Quel a été auparavant votre parcours maritime ?

J’ai commencé ma carrière de marin en 1983, dans la Garde côtière où je suis resté jusqu’en 1995. J’y ai commandé un patrouilleur et me souviens d’avoir, à l’époque, arraisonné un chalutier français, la Grande Hermine, qui pêchait dans des eaux interdites. Un beau bateau, d’ailleurs… J’ai ensuite commandé pendant 3 ans un navire de recherches en mer de Barents, puis j’ai rejoint l’express côtier et fait le parcours initiatique obligatoire : Commandant en second, Commandant adjoint et Commandant d’un navire d’ancienne génération, de taille plus modeste que celle du Richard With.

Que pensez vous de votre métier actuel ?

Cette navigation à grande vitesse (ndlr l’express côtier file 15 nœuds, pratiquement pendant tout son périple) dans des eaux resserrées mais calmes, avec des passages délicats, est passionnante. On y rencontre aussi, bien sûr, l’hiver, des conditions de temps, qui jointes à la nuit polaire, n’en font pas toujours une partie de plaisir.

Comme ses confrères sur la ligne, le Richard With effectue des accostages et appareillages très fréquents, de jour comme de nuit, et ce, en continu pendant 22 jours. Comment résistez vous à la fatigue ?

Tout simplement, en n’en faisant que la moitié ! Nous sommes 4 officiers à assurer la permanence sur la passerelle. J’effectue chaque jour 2 quarts de 6 heures, en équipe avec l’officier de sécurité, et le Commandant adjoint fait de même, en équipe avec l’officier de navigation, dont vous avez dû remarquer que c’est une femme. Chaque chef de quart assure ses manœuvres et il peut y associer son assistant afin de le former. Bien sûr, en tant que responsable suprême je suis présent dans toutes les circonstances difficiles et il est possible à tous de m’appeler à l’aide s’ils en ressentent le besoin.

Etes vous satisfait de votre bateau ?

C’est une excellente unité dont vous avez, sans doute, apprécié la douceur des mouvements et la manoeuvrabilité que lui confèrent ses hélices à pas variable et ses propulseurs d’étrave. Deux petites réserves : une tendance à « taper » par mer de l’avant et à « saluer » significativement, lors des girations ou par fort vent de travers. Il faut dire qu’il n’a que 5 m de tirant d’eau et un franc bord de quelque  25 mètres.

Quels sont  votre meilleur ami et votre pire ennemi lors des manœuvres ?

Mon meilleur auxiliaire est indéniablement le propulseur d’étrave. Quand à celui qui me gène le plus, vous ne serez pas étonné que ce soit le vent, encore qu’il lui arrive parfois de m’aider.

La flotte d’Hurtigruten comporte quelques navires de taille supérieure à celle du Richard With, vous arrive-t-il d’y penser comme à un futur commandement ?

Absolument pas ! Je considère que mon bateau actuel est, probablement, mieux adapté que ces grosses unités aux conditions que l’on rencontre sur la route intérieure. Il me procure de très grandes satisfactions et je ne demande qu’à y poursuivre ma carrière de marin.

Interview avec le commandant Knut StorØ

Crédits Photo et texte :  M. Pujo

Une réflexion sur « [Invitation au voyage] – Interview avec le commandant d’un navire de l’express côtier »

  1. Entretien intéressant, Merci beaucoup 😉

    Lors de mon voyage de Bergen à Svolvær aux Lofoten en mars 2008, le capitaine Storø était le commandant du MS Nordstjernen, sur la ligne depuis… 1956. J’ai beaucoup apprécié l’atmosphère plus « cosy » sur ce navire par rapport aux bateaux plus récents et nettement plus grands. Après un arrêt de 4 jours aux Lofoten, j’ai continué mon périple à bord du MS Midnatsol… où j’ai de nouveau croisé et salué le capitaine Storø à la cafetéria lors de l’escale commune des 2 navires à Rørvik.

    Le vent est vraiment « l’ennemi » lors des escales… extrait de mon carnet du 22 février 2002 à Hammerfest : « J’allais descendre sur le quai mais j’hésitais encore à l’intérieur du navire, sur l’escalier, en voyant arriver un passager et ses bagages bousculés par le vent, quand décidé, je descends quelques marches. A ce moment là, je vois le quai bouger nettement plus que d’habitude sous la coupée et les automobilistes qui attendaient sur le quai se mettent à klaxonner… M’enfin…

    Le M/S Polarlys s’éloigne du quai et vers l’avant. La réceptionniste me prend par le bras et me fait rentrer (ou plutôt me rentre à l’intérieur) et va refermer l’accès passager plus ou moins pentu selon la marée (ça prend bien 2 minutes à l’ouverture et à la fermeture pour règler l’escalier, descendre la passerelle, relever les rampes, etc..). Une amarre à l’avant s’est rompue sous la traction du navire poussé par le vent. Quelques minutes auparavant l’ancre de tribord avait été mouillée, précaution inhabituelle.

    Finalement, le M/S Polarlys est revenu à quai sans dommage en dehors de l’aussière rompue. »

    J’ai vu aussi une fois utiliser le lance-amarres à Svolvær aux Lofoten où plusieurs essais furent nécessaires…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s