La Chandeleur, l’ours et Nord Espaces

L’ours fut longtemps la figure dominante du bestiaire des Germains, Celtes, Slaves, Baltes et Samis (Lapons). Dans de nombreuses cultures antiques, un culte célébrait la fin de son hivernation, symbole de fertilité et du retour de la lumière. Mais dès le 5ème siècle, l’Eglise Catholique interdit cette pratique et la remplaça par la Chandeleur, Fête des chandelles appelée « Chandelours » dans plusieurs régions françaises jusqu’au 18ème siècle ! L’homme entretient donc avec l’ours, symbole de puissance et de courage, une relation très singulière. Jusqu’à parfois le considérer comme une sorte de double. L’ours est aussi l’un des animaux fétiches de Nord Espaces et de son alter ego, Espaces Andins . Jugez-en plutôt !

Seule espèce présente en Amérique du Sud, l’ours à lunettes présente un pelage sombre et deux cercles de couleur crème autour des yeux.

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Pesant entre 60 et 175 kg, il peut rester quatre jours dans un arbre, à 15 mètres de haut, sa nourriture à portée de patte ! Aussi baptisé ours des Andes ou ukumari, il fréquente autant les forêts tropicales que les prairies d’altitude et déserts d’épineux. « Frère ainé » en Colombie, c’est un personnage important du carnaval d’Oruro en Bolivie. On le rencontre aussi au Pérou, en Equateur et Argentine.

Dans l’hémisphère nord, le pelage de l’ours noir d’Amérique peut aussi être roux, brun, gris argenté, beige, crème, blanc ou bleuté. Sous-espèce très rare et blanche, l’ours Kermode ne vit qu’en Colombie-Britannique où, friand de fruits, il n’hésite pas lui non plus à grimper aux pommiers.

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De loin le plus abondant des ursidés, l’ours noir ou baribal n’hésite pas à chercher sa pitance près des habitations humaines.

En Asie de l’Est, par exemple dans l’Extrême-Orient russe, l’ours à collier est reconnaissable à son croissant blanc sur la poitrine. Malheureusement trop apprécié de la pharmacopée chinoise, l’ours noir d’Asie est aussi connu sous le nom d’ours du Tibet.

La silhouette de l’ours brun est caractérisée par une bosse au niveau des épaules, faite de muscles et de graisse. Ses 16 sous-espèces présentent de notables différences de taille et de pelage, la couleur de ce dernier variant du beige clair au marron foncé. En Europe, le « Grand-Père » est notamment présent en Norvège et Suède, le « Porteur de fourrure » en Finlande, le « Vieil Homme » en Laponie, le « Large pied » en Estonie et autres Pays Baltes, le « Mangeur de Miel » en Russie. Le grizzly est la sous-espèce majoritaire en Amérique du Nord. De stature variable mais souvent grand, il doit son surnom à sa fourrure à l’aspect grisonnant. Son cousin l’ours Kodiak, baptisé d’après l’île où il vit en Alaska, dépasse parfois les trois mètres de haut quand il se tient debout. Il ressemble ainsi beaucoup à l’ours du Kamtchatka, présent sur la péninsule russe. En Mongolie, l’ours de Gobi a un pelage bronze taché de blanc sur les jarrets avant et le cou. On n’en compte plus qu’une vingtaine de spécimens…

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Tout en haut du monde, l’ours blanc est chez les Inuits un esprit protecteur, censeur ou ancêtre des hommes. On l’observe notamment au Manitoba, Groenland, Svalbard, en Terre François Joseph et Tchoukotka. Excellent nageur, il peut plonger à 20 m de profondeur et s’éloigner à plus de 100 km de la banquise ! Se nourrissant essentiellement de phoques, il a récemment été filmé en train de pêcher l’omble arctique dans une rivière du nord-est du Canada. Pesant entre 150 et 650 kg, le plus grand carnivore terrestre cherche aujourd’hui à s’alimenter plus au sud, tandis que l’ours brun monte vers le nord. Les croisements entre grizzlys et polar bears, aujourd’hui avérés dans la nature, sont parfois désignés sous le doux nom de grolars…

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Pour Sylvain Tesson, « une bête est un dieu, c’est-à-dire l’incarnation d’un mystère. En croiser une est une jouvence, un tressaillement, un viatique que l’on serre au fond de sa mémoire et que l’on emporte en soi pour le reste de ses jours ». Vous croiserez le 2 février la piste de l’ours. Sachez que vous pouvez la suivre toute l’année à Paris, près de Denfert-Rochereau.

Conseil Nord Espaces: voir absolument l’exposition sur l’ours au Museum d’Histoire Naturelle, jusqu’au 17 juin 2017

Par Sébastien

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