Baïkal-Amour Magistral

Paru cette année aux Editions Paulsen, le livre Baïkal-Amour d’Olivier Rolin relate sa traversée ferroviaire de la Sibérie et de l’Extrême-Orient russe. L’auteur, qui est allé une vingtaine de fois en Russie depuis 1986, décrit ces immensités avec la « délicatesse désenchantée et ironique » d’un Tchékhov. Son principal fil conducteur est la ligne Baïkal-Amour Magistral (BAM), qui « se sépare du Transsibérien à Taïchet, un peu moins de sept cents kilomètres avant Irkoutsk, traverse la Léna, touche le nord du lac Baïkal puis file vers l’est à travers le plateau sibérien, franchit plusieurs chaînes de montagnes, passe le fleuve Amour et débouche sur le détroit de Tartarie joignant la mer d’Okhotsk à la mer du Japon, en face de l’île de Sakhaline ».

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Les toponymes de ce pays « de fleuves et de rivières » invitent décidément au voyage. D’autant que sa géographie démesurée « se laisse difficilement penser selon nos catégories habituelles ». Exemples parmi d’autres, le Baïkal est bien plus qu’un « lac » et le mot « forêt » ne rend pas justice à la taïga. Le BAM est jalonné de villes quasi-« européennes », nées ou développées par la grâce du chemin de fer : Oust-Kout, Severobaïkalsk, Novaïa Tchara, Tynda, Komsomolsk-sur-Amour, Sovietskaïa Gavan en bout de ligne… Aux confins de l’Asie, l’urbanisme de certaines témoigne encore des aspirations grandioses de l’URSS. Même si la vétusté des infrastructures et l’abandon de nombreux bâtiments contrastent aujourd’hui avec le modernisme de certaines installations… « En Russie, les simples choses se rebellent sourdement » ! A l’Est même de Tokyo, Ioujno-Sakhalinsk, qui ressemble « presque à une petite ville américaine », fait figure d’exception.

Olivier Rolin dresse aussi avec acuité le portrait des Russes rencontrés. Les histoires partagées par ces chasseurs, artistes ou fonctionnaires nous rendent plus proche un peuple trop souvent caricaturé en Occident. Et l’on s’explique mieux la nostalgie très répandue de l’URSS dans ces régions reculées, malgré le poids écrasant de l’Histoire…

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Le train russe, « moyen de transport vers le monde d’hier », se prête fort à propos au voyage historique et littéraire. Avec souvent l’ombre du bagne, de la terreur et du Goulag en arrière-plan. Les évocations hautes en couleurs se succèdent, depuis celle du sanglant Khabarov, premier conquérant du fleuve Amour, jusqu’à des épisodes tragiques de la guerre froide. Commencée en 1934, La construction du BAM aux plus de 1 000 ponts et tunnels est elle-même édifiante. Elle ne s’acheva qu’à la fin des années 80, au prix dans les premières décennies de la mort de plusieurs dizaines de milliers de déportés… Ces cinq mille kilomètres évoquent aussi à Olivier Rolin une grande diversité de livres, des Récits de la Kolyma à Corto Maltese en Sibérie, Tchékhov étant son guide à Sakhaline.

Le voyageur nous livre enfin sa réflexion sur ce qui le pousse à toujours repartir : « Tout fuit, tout glisse, on se dit qu’on est bien ici, loin de chez soi, libre provisoirement de toute attache, et que c’est pour ça qu’on voyage ». Le prix Mac Orlan 2017 a récompensé son puissant récit.

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Nord Espaces vous propose été comme hiver un large choix de circuits en Transsibérien, de Moscou à Irkoutsk, Vladivostok ou Pékin. Nous avons aussi l’expérience du voyage sur-mesure et du BAM… Bravo Jean-Baptiste, vous étiez le tout premier chez Nord Espaces de partir sur le BAM en solitaire sur mesure !

Lire encore sur le Transsibérien et le BAM

Par Sébastien

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