PHOTOGRAPHIE, ON VOUS DIT TOUT : COMMENT CAPTURER UNE AURORE BOREALE ?

Lorsque l’on prévoit un voyage au-delà du cercle polaire en Laponie, en Islande, en Norvège, dans le grand nord canadien ou encore en Alaska, on a toujours dans l’espoir de pouvoir admirer des aurores boréales. Majestueuses, ces lumières dansantes nous fascinent … les regarder se déplacer, onduler dans le ciel c’est bien mais pouvoir les capturer avec notre appareil photo et en garder un incroyable souvenir c’est encore mieux.

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Aurore boréale capturée en Islande au mois de mars © Stéphanie Giacomotto

Mais avant toute chose lorsque l’on part à la chasse aux aurores boréales, il faut vérifier les conditions météorologiques : évidemment, il faut que la nuit soit noire (on s’en doutait n’est-ce pas ?!), que le temps soit froid et sec et que le ciel soit dégagé. L’idéal est de plus de pouvoir s’éloigner des villes et de toute pollution lumineuse afin de pouvoir apprécier au mieux le spectacle et de s’installer face à l’horizon Nord. Pas d’inquiétude, c’est facile à trouver !

Inutile cependant de vouloir faire des kilomètres : parfois quelques centaines de mètres suffisent : je me souviens lors de mon séjour en Laponie suédoise avoir quitté mon chalet et marché à peine deux minutes sur un chemin pour m’éloigner des lampadaires de l’hôtel. Et là le spectacle fut grandiose …

De nos jours, ils existent de nombreuses applications ou sites météorologiques qui vous indiqueront en temps réel si les conditions sont réunies pour partir à la chasse.

Pour ne citer qu’elles :

http://www.aurora-service.eu/aurora-forecast/ (Ma préférée)

http://en.vedur.is/weather/forecasts/aurora/ (Parfaite pour l’Islande)

http://www.aurora-service.org/aurora-forecast/ (Idéale en Amérique du Nord)

Mais entrons maintenant dans le vif du sujet : le matériel.

Pour pouvoir capturer une aurore boréale, il faut que votre appareil photo possède un mode manuel, c’est impératif afin de pouvoir régler les paramètres de l’exposition (Ouverture, Vitesse et ISO). Avec un appareil classique (compacte par exemple en mode automatique) vous n’y arriverez pas. L’idéal est de posséder un Reflex (Canon série EOS par exemple), voir même un bridge, certains possèdent ce mode (Fujifilm Finepix ou Sony Cybershot entre autres). Moi j’ai cette grosse bête :

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En effet, il va falloir dans un premier temps que vous puissiez modifier les ISO de votre appareil : l’ISO est la sensibilité du capteur à la lumière. Plus il faut beau et jour (été, grand soleil …), plus les ISO sont bas. Plus il fait sombre et noir, plus il faudra les augmenter. J’avais à l’époque shooté mes aurores boréales avec des ISO qui se situaient entre 800 et 1 600.

Dans un second temps, il faudra aussi modifier l’ouverture de votre appareil : l’ouverture correspond au diamètre d’ouverture du diaphragme, mais pour faire plus simple, à la lumière qui va entrer dans votre  appareil. L’ouverture se mesure avec un nombre F. Par exemple F/2.8 ou F/22. Mais attention il y a un piège  car plus le nombre F est grand, plus l’ouverture est petite (donc moins d’entrée de lumière) et plus le nombre F est petit, plus l’ouverture est grande. Ce n’est pas très logique je le reconnais mais c’est comme ça, on va l’apprendre par cœur parce qu’il faudra faire en sorte que votre appareil puisse « attraper » un maximum de lumière des aurores boréales, donc que le chiffre de réglage de son ouverture soit le plus bas possible.

Le second élément indispensable est un objectif grand angle, qu’il faudra positionner en mode MF afin de pouvoir faire la mise au point sur l’infini. Habituellement, nos objectifs sont toujours en mode AF (c’est-à-dire automatique) et font la mise au point eux-mêmes sur le sujet ou l’objet que l’on désire photographier. Sur chaque objectif, il y a un bouton à déplacer. Voilà le cas sur l’un des miens.

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Et, on s’en doute aussi, un objectif est plus programmé en sortie d’usine pour détecter un visage et un sourire que pour repérer une aurore boréale située à infini.

Le troisième élément – plus qu’indispensable, IMPERATIF – c’est un trépied : en effet, la photographie d’aurores boréales (comme toutes photographies, de ciel, voie lactée, étoiles … ) est très statique, demande une immobilité totale de l’appareil car vous allez devoir photographier tout en jouant avec le temps de pose et éviter les photos floues.

Aie ça se complique non ? Rien de bien difficile, je vous explique : plus il fait noir, plus il va falloir faire entrer la lumière et donc photographier en pose longue, entre 20 et 30 secondes, voire plus en fonction de l’intensité de l’aurore boréale. L’appareil photo est très très sensible et croyez-moi tenir même que 10 ou 20 secondes sans bouger, c’est du domaine de l’impossible (j’ai testé pour vous), à cela il faut rajouter peut être un peu de vent et votre photo sera floue. Et ça on n’aime pas !

Moi j’ai un petit trépied tout simple de chez Manfrotto mais qui est parfait pour mes utilisations en conditions difficiles ou extrêmes. Evidemment, lorsque vous allez installer votre trépied, il faudra ne pas oublier de bien le caler et de vérifier qu’il est droit avant d’y poser votre appareil photo.

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Si vous possédez une télécommande ce sera un plus. Au moment du déclenchement, vous n’aurez pas à toucher votre appareil photo et de ce fait encore moins de risque de le faire  bouger. Si vous avez un retardateur c’est bien aussi rassurez-vous !  On ne va pas pousser à la consommation non plus !

Bien sûr, on vérifie que notre batterie est suffisamment chargée (si on en a une deuxième c’est très bien) et on prend une ou deux cartes mémoires (16GO minimum).

Pour terminer, quelques conseils vestimentaires utiles pendant vos longues nuits de chasse aux aurores boréales : dois-je vous dire qu’il peut faire froid, voire très froid lorsque l’on attend des heures, statiques et inutile de me dire que vous allez sautiller sur place, ça ne fonctionne pas très longtemps (j’ai aussi testé pour vous).

Alors on s’équipe correctement : sous-vêtements, thermiques, pantalon de ski, chaussettes en laine, parka avec capuche, bonnet, gants (pas de moufles hein sinon les gros doigts pourront pas toucher les boutons) et des chaufferettes à mettre dans les poches et dans les chaussures (c’est d’un agréable).

Je crois que vous êtes prêts. Alors on part quand pour cette chasse aux aurores boréales ?

Pour retrouver tous nos programmes, c’est ici.

Stéphanie

3 réflexions sur « PHOTOGRAPHIE, ON VOUS DIT TOUT : COMMENT CAPTURER UNE AURORE BOREALE ? »

  1. Des informations bien intéressantes et importantes en effet.

    Je me permets de rajouter une précision (car ayant testé moi aussi :-)) : lorsqu’on se met en focus manuel, il NE faut en fait PAS faire un réglage sur l’infini car là aussi l’aurore sera floue. C’est paradoxal mais c’est le constat que j’ai fait avec mon Panasonic FZ1000.

    Sinon, j’en tire les conclusions suivantes : ISO 800 voire 1600/3200, guère au-delà sinon ça bruite, les temps de pose peuvent commencer à 4 secondes.

    Et si vous devez sautiller parce qu’il fait froid, faites le loin de votre appareil : les vibrations se transmettent au trépied via le sol, si si ! J’ai testé ça aussi malheureusement, et ça donne bien entendu un résultat flou.

    Laurent

  2. Retour d’expérience de ce que j’ai vécu : ce billet est un bon résumé, je vais cependant ajouter quelques précisions.

    Cela peut sembler paradoxal, mais en focus manuel NE PAS faire de réglage sur l’infini, sinon le résultat sera… flou. C’est du moins ce que j’ai eu avec mon Panasonic FZ1000, je ne me l’explique pas.

    En ISO, 800 ou 1600 voire 3200, guère au-delà sinon ça bruite. Quant aux temps de pose, j’ai personnellement pu en faire à 4 secondes.

    Une aurore étant quelque chose qui vit (sous-entendu qui bouge), des temps de pose trop longs vont donner une « tâche » verte et ne permettront pas de cerner les draperies si caractéristiques. Je pense qu’il est alors préférable de faire une photo de 4 secondes à 3200 ISO plutôt que 10 secondes à 800 ISO par exemple.

    Enfin, si vous devez sautiller sur place car vous avez froid, faites le LOIN de votre appareil : les vibrations transmises au sol vont se propager dans le trépied et faire bouger l’appareil, même de façon imperceptible. Et vous aurez alors une photo floue. C’est du vécu ! 🙂

    Laurent

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