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Plaisir de conduire en Norvège

Par Sébastien & Julia

La route est le symbole du voyage par excellence. Pressés comme nous le sommes, nous préférons parfois prendre l’avion pour relier deux villes, histoire de « gagner du temps et en voir plus… ». Illusion ! Rien ne peut nous en apprendre davantage sur un pays qu’un trajet en voiture, sur la route habituelle d’âmes vivant en paix, loin des grandes villes toujours plus globalisées.

Norvège Geirangerfjord

Les vrais souvenirs de voyages ne sont pas les photos ou notes prises pour rédiger un joli carnet, mais ce que l’on garde au plus profond de soi ! Les souvenirs d’émotions, d’instants de plénitude qui nous émeuvent bien des années plus tard. Certains pays se prêtent mieux que d’autres à la fabrique de souvenirs authentiques.

Norvège Lofoten

La Norvège est une merveille de la Nature ! Après des années de règne sans partage de l’Express Côtier, seul capable de relier les villes et villages isolés, la Norvège s’est lancée dans la construction d’un réseau routier d’exception. Les fjords, falaises, glaciers, chutes d’eau et autres décors tourmentés l’ont contraint à l’audace. Le pays possède ainsi l’un des plus longs tunnels du monde (24,5 km) et celui d’Eiksund, plongeant dans la région de Møre og Romsdal jusqu’à 287 m au-dessous du niveau de la mer, est la chaussée sous-marine la plus profonde.

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Voyager en voiture, c’est aussi laisser de la place à l’imprévu. Il est extraordinaire de s’égarer dans un café perdu et vide, digne des années 60, où un barman vous conte pendant des heures si vous le souhaitez les histoires du coin où il est né, où il vit, en mélangeant anglais et norvégien. Ray Bradbury a écrit avec raison que « Half the fun of the travel is the esthetic of lostness…”

Norvège route

Il y a en Norvège comme en France des routes particulièrement conseillées. Du sud à l’extrême-nord, dix-huit itinéraires pittoresques se partagent ainsi le label Routes Touristiques Nationales (RTN). Entre fjords et montagnes, la Norvège telle qu’on l’imagine défile le long de l’Hardanger (158 km). Longue de 36 km, l’Atlanterhavsvegen – la route de l’Atlantique – est une enfilade de digues et de huit ponts, ondulant tels des montagnes russes entre les îlots et récifs de l’embouchure d’un fjord. Considérée par certains comme la plus belle route du monde, elle fut élue « ouvrage norvégien de génie civil du siècle » en 2005.

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En Norvège, il y a aussi des ferries ! Voilà une belle occasion de se dégourdir les jambes en dégustant un café ou une glace à la morue (si, si ça existe !), au milieu de « Vikings » peu causants, d’enfants blondinets, de femmes aux yeux bleus comme les fjords et d’ados… aves écouteurs, tous habillés en Helly Hansen. Il faut emprunter six ferries pour suivre de bout en bout les 433 km de la plus longue des RTN, l’Helgelandskysten. Franchissant le cercle polaire, elle longe le plus fort courant de marée du monde et l’exceptionnelle montagne de Torghatten.

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La route des Lofoten (230 km) donne accès à des sites exceptionnels. Tout le monde connaît aujourd’hui cet archipel ! Si vous souhaitez vous y rendre en été, je vous conseille vivement de réserver bien avant le mois d’avril. Les hébergements en petit hôtel et rorbu (maison de pécheurs) sont vite complets, les Norvégiens n’ayant pas encore eu l’idée atrocement lumineuse de multiplier les stations balnéaires aux Lofoten.

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Voyager en voiture, seul maître de son temps, est parfois l’occasion d’expériences mémorables… C’était en décembre… A la recherche de notre hôtel à Svolvaer, nous tournions en voiture vers 19H00, la nuit polaire recouvrant déjà les Lofoten comme un manteau d’hiver impénétrable. Les flocons de neige ne nous permettaient pas de voir grand-chose et il n’y avait personne dehors. A travers de grandes baies vitrées souvent dépourvues de rideaux, nous devinions les villageois au chaud dans leurs maisons colorées. Nous nous sommes arrêtés devant un établissement a priori ouvert pour demander notre chemin. Distinguant de vieux objets dans une pièce mal éclairée, j’ai pensé au début que le bonhomme était un brocanteur, peu causant et un peu rustre. J’ai bientôt compris qu’un passionné de la Seconde Guerre mondiale nous accueillait dans son musée privé et… très particulier. Quand la plupart exposent par exemple de la mécanique, des documents ou témoignages atroces, celui-ci rassemblait des objets témoins du Troisième Reich. Après une première réaction de rejet, ma formation de sociologue prit le dessus : « impartialité et objectivité ». Je découvre des dessins d’Adolf Hitler dans le style Disney, des boules de Noël avec le visage d’Eva Braun ou le svastika… Et bien d’autres objets troublants dans leur évocation d’une époque abominable vécue par l’Humanité mais cette fois de l’autre côté… La bonne question à se poser, encore plus maintenant, c’est comment ce glissement idéologique a pu être possible et comment les gens fêtaient Noël en préservant l’apparence de la normalité ou alors en étaient persuadés.

Plus au nord, l’Havoysund (67 km) est la route la plus septentrionale de Norvège. Elle dessert un petit village de pêcheurs sur la mer de Barents, à une heure du Cap Nord par bateau rapide…

Norvège Cap Nord

Pour mettre ces itinéraires plus encore en valeur, l’administration a confié à des architectes et designers la réalisation de 250 ouvrages hors du commun. Ces aires de repos et de pique-nique, points de vue superbes, toilettes, installations pour les déchets, abris sûrs contre les éléments et parkings sont audacieux, innovants, uniques, avec des besoins de maintenance minimaux. La fin de ce projet lancé en 1994 est prévue en 2023. Ses concepteurs veulent transmettre la culture et l’histoire nationales, en encourageant le tourisme dans les endroits les plus reculés.

A lire :

MEURSAULT Raphaël, « On s’arrête à la prochaine œuvre d’art ? », We Demain, n°17, mars 2017, pp. 124-131

Ma première rencontre avec le Grand Nord

Par Christian M. (Belgique)

C’était il y a 13 ans, en 2004. J’ai revendu mon activité principale, celle qui accaparait presque tout mon temps, et je me suis retrouvé avec la possibilité d’assouvir une de mes passions favorites : le voyage découverte.

On m’a présenté à un groupe de baroudeurs qui préparait une expédition en Norvège. On m’a demandé si je me sentais « en forme » pour y participer. Comme je suis assez sportif … je skie, je joue au tennis, je roule régulièrement à vélo … j’ai répondu positivement.

Nous voilà donc partis, un petit groupe de 9 personnes, par un matin de début avril. Arrivée à Bergen le 8 avril, transport de nos pulkas de l’aéroport à la gare et départ vers Finse, à 2h20 au nord de Bergen, au milieu d’un paysage catalogué comme l’un des 20 plus beaux au monde. On loge au refuge gardé de Finse Hytta.

Le lendemain, debout à 6h00 pour prendre une douche rapide … qui s’avèrera être glacée … car je n’avais pas de pièce de monnaie pour activer l’eau chaude :-). Petit déjeuner et ensuite on m’attache à la pulka chargée à 45kg et c’est le départ, sur skis à peaux de phoques, sous un ciel plombé de nuages et un vent glacé.

On n’arrête pas de monter, j’ai l’impression de tirer une tonne. On nous a donné à chacun un litre de thé chaud pour la journée, après 2 heures je suis crevé et je meurs de soif, j’ai bu tout mon thé.

Heureusement, à midi on s’arrête pour déjeuner, Thierry, le chef d’expédition, nous gratifie d’un morceau de saucisson, de fromage, de pain d’épice et de chocolat … que nous mangeons debout, comme des chevaux, dos au vent. J’ai à peine le temps de terminer que j’entends : on y va !

L’enfer ! On n’y voit rien et je me demande ce que je suis venu faire dans cette galère, à – 10° et jusqu’à -30° avec l’effet du vent. On commence à descendre, je prends de la vitesse et, empêtré dans mes attaches, je fini par me planter avec le chargement de la pulka qui vient m’achever. Je me relève et je me dis : restons zen, il est 16h00 et il reste 2 heures à faire !

J’avance comme un automate et, curieusement, la fatigue s’évapore progressivement, le ciel se dégage et le soleil nous ouvre la route jusqu’à ce que, soudain, à l’horizon, pointe le refuge de Geyterygghyta.

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Deuxième jour d’expédition, départ à 7h00. L’expérience aidant, en plus de mon thé, j’ai 2 bouteilles d’eau et, en cours de route, j’ai trouvé un truc : chaque fois que je bois du thé de mon thermos, je rajoute de la neige pour sauvegarder mon litre !

Cette journée était ensoleillée … et je commence à m’habituer … on arrive au refuge non gardé de Kongshelleren à 18h15. On s’installe et on commence à préparer le repas lorsque, vers 19h00, arrive Svein, un grand norvégien sympa. On l’invite à partager notre pitance et il nous raconte comment il voyage : 35 à 40 km par jour, à skis, sans peaux de phoques, un sac à dos d’environ 15 kg, une pelle et une couverture de survie pour se terrer dans un trou en cas de tempête.

Le lendemain, on se lève à 5h30 … Svein était déjà parti.

Et les journées se succèdent ainsi durant 9 jours pendant lesquels j’ai appris énormément, sur le pays, la nature, sur moi-même, sur les motivations du groupe, Thierry et Véronique, Jacques et Martine, Olivier et Anne, Bérangère et Emile, que je remercie 100 fois de m’avoir initié à ce type d’aventure. Bref … j’ai adoré !

J’y suis retourné, avec eux, en Norvège en 2006 et ensuite en Laponie.

Par la suite, ayant pris goût au Grand Nord, j’ai voyagé en Russie, au Lac Baïkal, en Sibérie … jusqu’à Vladivostok et … jusqu’aux volcans du Kamtchatka … merci Nord Espaces !

Ce n’est que du bonheur … et il reste tant à découvrir !

Ils ont été merveilleux ces souvenirs…

Chantal TARDIF / Paris ( Au retour du voyage Images d’une Nature encore sauvage & Féeries boréales)

Bravo à l’équipe de Nord Espaces pour l’organisation impeccable de mon séjour en Norvège « clefs en main » . Le carnet de voyage détaillé fourni a été très utile. Bravo également pour le choix de l’hôtel XXX en Norvège : parfaitement situé dans des paysages de rêves ! Les hôtes (K & I) sont chaleureux, flexibles et généreux.

Pour les amateurs de photos, débutants ou confirmés, les conseils du photographe professionnel étaient précieux pour immortaliser nos plus beaux souvenirs.

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Et ils ont été merveilleux ces souvenirs : sortie en kayak dans les fjords, safari aigles, visite d’une ferme de rennes, observation d’élans en milieu naturel, safari baleines, randonnées et autres visites variées,  soirée BBQ, et bien évidemment, les exceptionnelles aurores boréales.

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Pour compléter le tableau, la météo a été au rendez-vous : grand bleu toute la semaine!

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Je suis totalement ravie de ce séjour, que je recommande. En résumé : organisation parfaite, hôtes parfaits et séjour parfait !

Mille mercis…

Au fil de l’eau, de TromsØ à Svolvær …

MS_Finnmarken-Hurtigruten Nord Espaces voyagesTexte & Photos : Jean Marie PUJO

Hurtigruten, pour vous, veut certainement dire croisière à bord de l’Express Côtier , mais il n’en a pas toujours été ainsi. Ces « routes rapides » – sens littéral du mot – ont été créées en Norvège pour remplacer les liaisons terrestres et le chemin de fer, impossibles à mettre en place à l’époque, et fournir un moyen régulier de transport des marchandises et des voyageurs entre le nord et le sud du pays. Ce service qui était largement subventionné par le gouvernement, a perduré jusqu’à ce que la construction de routes et de ponts vienne lui enlever, il y a à peine quelques décennies, cette fonction essentielle. Il est toutefois, toujours possible de monter à bord de ses navires en tant que simple « voyageur » et pour des liaisons point à point.

Je l’ai fait pour aller de Tromsø, jusqu’à Svolvær, la capitale des Lofoten, et c’est ainsi qu’à la fin du mois de juin et dans un contexte de fraicheur et de pluie battante, histoire de ne pas oublier que le grand nord peut aussi avoir des aspects rigoureux en été, je me suis trouvé attendre l’arrivée du bateau, comme on le fait pour le train à la gare, bien au chaud dans un café du port. Elle était prévue à 23h45.

Un mot sur Tromsø pour vous faire patienter avec moi. Située à près de 400 km au nord du cercle arctique, c’est une ville moderne et active qui se pare du titre de « Paris du Nord ». Avec environ 70 000 habitants, c’est le plus grand centre urbain de la Norvège septentrionale. On peut y visiter un intéressant petit musée polaire et l’église paroissiale surnommée « cathédrale des neiges ».

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Son architecture particulière et sa présence remarquable dans le paysage la font parfois surnommer « opéra de Norvège », par référence au célèbre opéra de Sydney. On y trouve aussi le centre de découverte Polaria, avec un aquarium arctique. Mais à mes yeux, Tromsø est surtout un endroit parfait pour découvrir et admirer, entre octobre et mars, des aurores boréales.

Une exactitude proverbiale

A l’heure dite, le Finnmarken va se présenter pour l’accostage. Rien d’étonnant à cela car la ponctualité de la ligne est proverbiale. C’est le moment de quitter mon abri et de gagner le quai. Devant la coupée, attendent quelques autres passagers. Notre embarquement et les formalités au comptoir d’accueil seront rapides et je serai bientôt confortablement installé dans ma couchette pour profiter au mieux du reste de ma nuit.

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Le navire va quitter Tromsø à 01h30 et les étapes suivantes de sa route seront Finnsnes, Harstad, Risoyhamn, Sortland et Stokmarknes. L’arrivée à Svolvær est prévue à 18h30 demain soir.

Je ne me réveillerai pas pour jeter un regard sur Finnsnes, « touchée », comme on dit chez les marins, entre 04h15 et 04h45 du matin. Située sur le continent, face à l’île de Senja à laquelle la relie un pont de 1 147 m, c’est un centre agricole à l’ambiance dit-on très pastorale.

Il n’en sera pas de même avec Harstad à laquelle me lient de vieux souvenirs. J’y avais fait escale en 1958 avec une frégate de la marine qui assurait l’assistance de nos chalutiers de grande pêche en mer de Barents. Nous étions en pleine « guerre froide » et l’accueil des autorités navales norvégiennes y avait été particulièrement sourcilleux. Cette fois, c’est la paix et la pluie ayant cessé, je pourrai me promener tranquillement sur le front de port. Il s’agrémente d’une cabine téléphonique rouge à l’anglaise, d’une belle statue de cormoran et, allez-savoir pourquoi ? d’une mine navale de la seconde guerre mondiale, bien sûr inertée. Les 45 minutes d’escale passeront bien vite, mais la perspective du copieux petit déjeuner qui m’attend sur le bateau, m’aidera à ne pas trop le regretter.

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Chenalage délicat

L’étape suivante est l’une des plus intéressantes du voyage, au moins pour ceux qui s’intéressent à la navigation. Elle comporte le passage du canal de Risøy (Risøyrenna), qui s’étend sur 4,8 kilomètres le long du Risøysund. Sa largeur est de seulement 100 mètres et il n’est profond que de 7. C’est, pour des navires importants comme ceux d’Hurtigruten, l’un des transits délicats de la route intérieure. Ouvert depuis le 26 juin 1922, il permet d’éviter d’emprunter le dangereux Tjeldsundet où les courants sont très violents. Il a aussi mis fin, hélas pour eux, à la possibilité qu’avaient les habitants de Risoyhamn qui se trouve sur une île, de se rendre sur l’île voisine de Hinnoya à cheval, en empruntant un gué praticable à marée basse.

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Le Finnmarken va se glisser, à petite allure et précautionneusement, entre les nombreuses balises qui jalonnent le parcours. J’y reverrai avec joie ce que j’ai appelé ma « balise du Nord » : une modeste tourelle de pierres surmontée d’une sorte de petit drapeau, dont j’avais le souvenir et qui semble inspirer beaucoup de photographes et de peintres. Il est vrai qu’elle est singulière, posée à côté d’un petit arbre qui s’accroche avec elle à un banc de roches douteux.

A la sortie du canal, le bateau va faire dans la même foulée un beau demi-tour (1) pour accoster à Risoyhamn, désormais relié à Hinnoya par un pont. Le guide indique que de nombreuses colonies d’oiseaux marins, dont 160 000 macareux moines, ont élu domicile dans les environs. Il mentionne aussi la mine de charbon de Ramså (non exploitée car non rentable) où l’on trouve des squelettes complets d’ichtyosaures, gigantesques dinosaures en forme de poisson qui vivaient là il y a 150 millions d’années.

Je n’ai pas gardé souvenir de l’escale suivante, Sorland, sans doute parce qu‘elle a eu lieu pendant le déjeuner : c’était entre 12h30 et 13h00 ! Je vous dirai qu’on la surnomme « la ville bleue », parce qu’en 2000 ses habitants avaient décidé d’en peindre tous les bâtiments de cette couleur, pour fêter le nouveau millénaire et qu’ils ont continué depuis. Vous pouvez me croire : je ne l’ai pas vue !

Dans le berceau de la ligne

Stokmarknes qui lui succède ne peut, par contre, être négligée : c’est là que la Vesteraalens Dampskipselskap devenue Hurtigruten, avait établi son premier siège social en 1891 et il y est resté jusqu’en 1988. On peut y visiter à la course (1 heure d’escale), le musée de la compagnie, qui décrit son évolution et celle de ses navires pendant quelque 120 ans, et monter à bord d’un de ses anciens bateaux, un Finnmarken ancêtre du nôtre, qui est conservé au sec.

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Et voici maintenant que monte à l’horizon une barrière de montagnes. Ce sont celles des îles Lofoten et Vesteralen entre lesquelles se faufile le Raftsundet. Il s’agit du passage le plus spectaculaire (scenic diraient les Anglais) non seulement du voyage, mais aussi de toute la croisière Hurtigruten. L’avoir franchi à 23 ans comme chef de quart, est un souvenir marquant de ma vie de marin. Venant du nord, cela commence par un virage assez serré sur la droite, autour d’une petite île où gite un petit phare, puis il y a (maintenant) un pont sous lequel on va passer. Après, cela ressemble un peu à une large rivière, mais ne nous y fions pas, les courants y sont violents et quand la visibilité est mauvaise le transit demeure de haute école. Sur la passerelle du Finnmarken, le capitaine est certainement aux aguets. Tout au long du parcours, la montagne défile majestueusement le long du bord.

Nous stopperons un instant pour faciliter l’accostage d’une grosse vedette et y transférer des passagers qui participent à une excursion de découverte des aigles. Pour les autres et parce qu’il n’y a pas de vent, un numéro de « cirque », qui n’enchantera guère ma sensibilité de marin, se prépare.

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Un « numéro » inattendu

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Le Finnmarken va maintenant se glisser dans l’entrée très étroite du Trollfjord, aller jusqu’au fond de ce cul de sac qui s’évase, puis profitant de la « manœuvrabilité » que lui confèrent ses propulseurs d’étrave et l’action combinée de ses hélices et de son grand gouvernail, faire un tour sur lui-même au ras des falaises, avant de ressortir. La chose est parfaitement inutile pour la navigation mais, restons aimable, bravo l’artiste… ou le chien savant ?

La fin du transit renouera heureusement avec l’authenticité maritime et nous sortirons bientôt de la « vallée » pour retrouver l’océan. Environ une heure plus tard, Svolvær sera en vue et il ne faudra plus longtemps avant que nous salue la « femme du pêcheur », célèbre statue érigée à l’entrée des passes.

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Il est 18h30 et, comme il se devait, nous arrivons « pile à l’heure ! ». Il fait un beau soleil et on peut voir sur notre droite des séchoirs à morue, apparemment garnis seulement de têtes, droit devant, une montagne où se détache la Svolværgeita (la chèvre de Svolvær), monolithe de basalte très prisé des alpinistes (ils viennent de partout en été pour sauter entre les deux « cornes » de son sommet) et, sur la gauche, les bâtiments de la ville. C’est une cité animée et touristique, avec de nombreuses boutiques, des galeries d’art, des cafés et des restaurants où l’on peut goûter au steak de baleine ou à celui de renne et, évidemment, se régaler de poisson : il ne faut pas oublier qu’ici, c’est la Mecque de la morue (pardon, du cabillaud, comme on dit aujourd’hui) chaque hiver ! Pittoresque, l’habitat traditionnel des cabanes de pêcheurs peintes en marron y est toujours présent…mais ne nous leurrons pas, ces « rorbu » ont été réhabilités et beaucoup ne sont utilisés aujourd’hui que pour héberger les touristes.

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Sur le port et dans 2 heures, le Finnmarken va reprendre son chemin vers le sud…

  • Les navires de l’express côtier ne sont dotés de « portes » pour les passagers, les marchandises et les voitures, que sur le côté gauche (bâbord) de leur coque. C’est donc toujours celui-ci qui doit se trouver à quai et cela impose souvent de « retourner » le bateau avant son accostage.

HURTIGRUTEN comme si vous y étiez !

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La Norvège des fjords, le temps d’un week-end

Par Laura,

C’est à Bergen, porte d’entrée des fjords de Norvège que mon voyage commence.

Dès mon arrivée et sous une pluie battante, je me rends au festival de la gastronomie et de la bière. J’en ai déjà l’eau à la bouche. La dégustation se fait sans plus attendre … et pour mon plus grand plaisir il y aura au menu : une soupe de renne, du saumon servi avec des tagliatelles de légumes, le tout accompagné d’une bière à la menthe. Un mélange très étonnant mais tellement délicieux.

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Je me sens à part entière Norvégienne et cette pause gastronomique m’a reboostée. Je suis enfin prête à découvrir tous les secrets de la capitale des fjords.

Mon tour panoramique de la ville débute par le site de Bryggen, un héritage laissé par les allemands et classé au patrimoine mondial de l’Unesco. J’y découvre l’un après l’autre un joli port, des bateaux, des maisons colorées en bois, une église et ses paroissiens, quelques statues de politiciens, des cafés au style art moderne, des étals de légumes, de fromages, de poissons … je me verrais bien d’ailleurs y faire quelques emplettes. Je suis éblouie et ce n’est pas le mauvais temps qui va entacher la merveille de ce quartier.

En entrant dans les bâtisses, une atmosphère étrange règne. La pluie tambourine sur les toits et j’ai soudainement comme une impression de flash-back : je me vois le temps de quelques secondes au XVIIIème siècle lorsque les allemands avaient pris leur quartier en ville, zone stratégique pour le commerce.

Après avoir déambulé dans les différentes ruelles de ce quartier étonnant, j’emprunte un escalier caché qui me mène devant le musée hanséatique. Schotstuene abrite les salles communes des marchands allemands qui travaillaient sur Bryggen entre 1360-1761. Dans ces salles, des repas chauds y étaient préparés, elles servaient aussi de salle de fêtes, de tribunal, d’école, et de paroisse.

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Mon guide nous propose de goûter une spécialité locale appelé « Gammelost ». Il s’agit d’un fromage brun, affiné en 30 jours, qui se déguste avec du pain et du beurre. Le Gammelost à des vertus miraculeuses… Malgré son goût très prononcé, je fais un effort car il aurait des vertus de jeunesse éternelle.

Je continue ma balade et en prenant un peu de hauteurs, je constate  un changement de décor. Les chemins escarpés laissent place à des maisons blanches d’où je peux sentir un doux parfum de roses rouges. Les rues sinueuses et pavées permettaient à l’époque aux chevaux un accès plus facile aux écuries. Je suis dans le vieux Bergen des années 1700. Il s’agissait des quartiers pauvres où les familles des allemands vivaient dans une seule pièce.

J’approche enfin du Fløibanen, le fameux téléphérique qui va me permettre d’avoir une vue imprenable sur Bergen. Je crois patienter pour une attraction à sensation forte tellement il y a de monde mais ce qui m’attends à l’arrivée vaut bien quelques minutes d’attente. Le voyage à bord dure une vingtaine de minutes avec un joli bruit de locomotive … Le chauffeur nous indique que nous sommes arrivés. J’ai hâte ! Malgré le brouillard qui me gâche un peu la vue, je suis ravie d’être sur le mont Fløien. Je me laisse à imaginer la belle Bergen par temps clair mais il est déjà temps de repartir.

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Cette première et intense journée en Norvège s’achève.

L’aventure se poursuivra le lendemain dans les fjords à bord du bateau en direction de Vik. J’embarque au petit matin pour une navigation sur les fjords. C’est un vrai plaisir que de me mettre à l’avant du bateau pour capturer de jolies photos. Je me régale. Je découvre les petites villes d’Alversung, Seim, Fonnes, Ånneland, Eivindvik, Leirvik i Sogn, Lavik, Bjordal, Kyrkjebø, Vik i Sogn,  et enfin Vik.

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Au fil des paysages que je découvre, je me laisse surprendre par l’inattendu : des chèvres broutant sur les toits des fermes, la sérénité  des fjords, tous si différent et pourtant si semblables, les petites maisons de bois s’accrochant aux parois des fjords …

C’est agréable de se laisser surprendre tout en étant zen. Des reliefs se succèdent à mesure où le bateau accélère. Le temps n’a pas d’importance, je reste sur le devant du bateau pour me souvenir de cette lumière.

Je m’arrête à Vik et visite l’église Hopperstad qui porte le nom de la noble famille qui a investie dans l’entretien de ce bâtiment. Les églises des petites communes environnantes portent d’ailleurs elles aussi le nom de leur riche donateur. Cette stavkirke est une église en bois typique dans le plus pur style norvégien, plus communément appelée église en bois debout. Elle est splendide.

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Je reprends la navigation après cette agréable pause à Vik. Notre prochaine escale sera Utne et la visite du musée Hardanger Folkemuseum qui se trouve à quelques mètres du port. Le musée retrace la vie culturelle et historique des norvégiens de l’époque. De nombreuses tenues typiques et instruments de musique sont exposés, car la musique tenait une place très importante dans la vie des Norvégiens. Elles servaient d’exutoires pour certains et un moyen de rente pour d’autres.

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Le séjour se termine déjà. Sur la route de l’aéroport, je découvre ma première cascade, Norheimsund. Je suis comme envoûtée face à tant de beauté.

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A ce moment précis, le temps s’arrête, un silence règne. Les frissons me parcourent le corps. Je suis heureuse. Moi – grande adepte des pays d’orient et du Sultanat d’Oman – je renonce à me cantonner dans le désert et préfère dès à présent explorer les montagnes enneigées.

 

La saison hiver 2016 se prépare chez Nord Espaces…

Découvrez nos séjours hiver sur le site de Nord Espaces

LAPONIE: Noël et Nouvel An: http://www.nord-espaces.com/noel-nouvel-an/sejour-noel-nouvel-an-laponie.php

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NORVEGE: Séjours découvertes et aurores boréales: http://www.nord-espaces.com/norvege/voyages-hiver-norvege.php

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CANADA: Séjours multi-activités et rencontre avec les blanchons: http://www.nord-espaces.com/canada/voyages-hiver-canada.php

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ISLANDE: Autotours et circuits accompagnés: http://www.nord-espaces.com/islande/voyages-hiver-islande.php

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